La boulimie:             Ai-je un trouble alimentaire de type boulimie?

 

Pour répondre à cette question, je vous présente les critères d’un trouble alimentaire de type boulimie.

 

1) La personne doit avoir des épisodes répétés de crises de boulimie.C’est quoi une crise de boulimie?

C’est de manger des quantités importantes (plus que ce qu’on s’attend normalement) de nourriture très rapidement en moins de deux heures. En mangeant, la personne ressent une perte de contrôle. En fait, elle se sent incapable d’arrêter de manger; Elle perd le contrôle de combien elle mange mais aussi de ce qu’elle mange.

 

2) Dans le trouble de boulimie nerveuse, la personne compense les crises de boulimie par des comportements qui sont supposés empêcher ou réduire la prise de poids. Par exemple, se faire vomir, prendre des laxatifs, des diurétiques, faire des jeûnes, de l’exercice physique de façon excessive.

 

3) L’estime de soi est excessivement influencée par le poids et l’apparence physique.

 

Plusieurs femmes se reconnaissent dans ces descriptions mais sans nécessairement avoir tous les critères pour le diagnostic de boulimie comme tel.  En fait, pour avoir le diagnostic, les crises de boulimie et les comportements de compensations doivent avoir lieu deux fois par semaine ou plus et doivent durer pour une période de trois mois ou plus. 

2 à 3% des femmes présentent tous les critères d’un trouble de boulimie et environ 1% des hommes. Le ratio de ce diagnostic est de 3 femmes pour un homme.

 

La boulimie est associée à des troubles de l’humeur

  • Les troubles dépressifs sont très courants chez les personnes vivant un trouble boulimique. Les études suggèrent que 50à 70% des personnes vivant un trouble de boulimie vivent aussi des symptômes de dépression à un moment donné de leur vie.
  • Les troubles d’anxiété sont aussi présents chez les personnes présentant un trouble de boulimie, en particulier le trouble obsessif-compulsif (TOC). 
  • Les abus de substances et les troubles de la personnalité sont aussi très fréquents.

 

 Pourquoi le trouble de boulimie persiste t-il pendant des années?

Les recherches suggèrent qu’un facteur important qui maintien la boulimie est la préoccupation extrême face au poids et à l’apparence physique. L’apparence physique devient souvent un pilier important, sinon le seul pilier de l’estime de soi.  Cela entraîne un cycle de restriction alimentaire, par exemple, des diètes ou même des jeûnes qui mènent inévitablement à une perte de contrôle alimentaire. Après une crise de boulimie, la personne se sent coupable, honteuse, ce qui l’incite à reprendre la diète pour un certain temps, jusqu’à ce que son corps affamé se lance à nouveau à la recherche de n’importe quel aliment. Et voilà le cycle continue… (Vous pouvez lire l'article sur l'estime de soi pour apprendre comment développer une estime de soi saine.)

 

En fait, il est impossible de tenir une diète ou une restriction alimentaire indéfiniment. Notre corps a besoin de se nourrir d’une large variété de nutriments et d’une quantité suffisante pour que tous les systèmes corporels fonctionnent adéquatement (le système cardiaque, le système digestif, le système hormonale, etc.). (Pour plus de détails lire l'article sur l'anorexie: les effets de la malnutrition.)

 

Notre corps peut se priver temporairement de nutriments mais à un moment donné, trop c’est trop et c’est là que notre corps prend le dessus sur notre volonté!! Notons aussi que lorsque le corps est en mode « restriction », il adapte son métabolisme et il le ralentit, en d’autres mots, il se place en mode «  je fais mes réserves de graisses, car on ne m’en donne pas assez ni sur une base régulière ». Selon notre corps, dans ce mode, on est en période de pénurie alimentaire, et il faut faire des réserves. Lorsqu’on recommence à s’alimenter régulièrement et naturellement sans restriction superflue, ça prendra du temps pour que notre corps fasse confiance que la famine est bien et belle terminée.  Mais après un certain temps, l’équilibre se fera et le corps s’adaptera en changeant notre métabolisme (par exemple, en l’accélérant).

 

 © Joêlle Sayegh, Ph.D., psychologue (2012)

 

 

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Dre Joelle Sayegh, Psychologue rive-sud  à Saint-Bruno

A proximité de Sainte-Julie, Boucherville, Saint-Basile, Brossard, Saint-Lambert, Longueuil, Sainte-Hyacinthe, St-Jean, Montreal