C’est quoi avoir une bonne estime de soi?

 

 

 (1) Qu’est-ce que l’estime de soi?

« L’estime de soi est le sentiment plus ou moins favorable qu’une personne éprouve envers ce qu’elle est ou ce qu’elle croit être.  C’est donc le sentiment de la valeur de soi » (tiré de Bulletin Posaction : la construction de l’estime de soi).

  • Penser et « savoir au fond de soi » qu’on est une bonne personne, qu’on est « correcte » et aimable.
  • Reconnaître nos qualités.
  • Accepter nos défauts.

 

(2) L’estime de soi  se manifeste à travers:

  • La connaissance de soi : connaître ses goûts, ses préférences, ses aptitudes et ses lacunes.
  • Le sentiment de compétence dans différentes sphères : reconnaître à leur juste valeur nos capacités, les      activités qui sont faciles, qu’on fait bien, qu’on peut apprendre.  Accepter sans se dénigrer les sphères où on est moins compétent.
  • Le sentiment d’identité : se sentir entier, cohésif et reconnaître en quoi on est unique et différent des autres.
  • L’opinion qu’on a de nous-mêmes : si on pense  qu’on est une bonne personne; notre évaluation de nos qualités et défauts, de nos compétences et lacunes; ce qu’on pense qu’on mérite.
  • La façon de nous traiter nous-même : en parole et en action; ce qu’on se permet d’avoir, de faire (p.ex. des activités qu’on aime; si on respecte nos besoins; les droits qu’on se donne; savoir prendre soin de soi quand on vit des épreuves).
  • La façon qu’on permet aux autres de nous traiter : l’aisance à placer des limites aux autres, à savoir se faire respecter, à s’affirmer adéquatement, à trouver un équilibre entre les besoins des autres et les nôtres; la tolérance à la violence verbale et physique (celle dirigée vers nous).

 

Voici un exemple : J’échoue une activité. Voici trois façons d’interpréter cet échec :

a) qui ne change pas l’estime de soi : « Je ne suis pas doué pour cette activité » mais j’accepte cela; ça ne me détruit pas.

b) qui rabaisse un peu l’estime de soi (petit marteau) : «  Je ne suis vraiment pas doué, je suis donc ben nul (à cette activité) »

c) qui rabaisse beaucoup par la généralisation (grand marteau) : »je ne suis bonne à rien, j’échoue tout ce que je fais, je ne réussirais jamais rien ».

 

(3) L’estime de soi peut être :

  • Forte, moyenne ou faible (sur un continuum).
  • Stable ou changeante; elle peut changer fréquemment, facilement ou rarement, difficilement; les fluctuations peuvent varier; par exemple, il peut s’agir d’un petit changement ou d’un plus important.
  • Lorsque l’estime de soi fluctue, ça peut prendre beaucoup ou peu de temps pour retourner à son état habituel.
  • L’estime de soi peut aussi varier selon les sphères de notre vie (intelligence, sociabilité, apparence physique).

 

(4) Pour avoir une estime de soi bonne et stable :

 

L’estime de soi se développe à partir de l’enfance et forme une base dont la solidité est variable.  Elle se forge à travers les interactions que l’enfant vit avec ses parents, ses professeurs, ses paires, sa fratrie, etc.  L’estime de soi inclut le sentiment d’être une bonne personne, méritant l’amour et le respect des autres, la juste reconnaissance de nos compétences et aussi de nos faiblesses.  Ces trois facettes de l’estime de soi sont importantes, et on peut avoir une lacune dans une ou les trois. Si les trois facettes sont bien développées l’estime de soi sera plus stable et plus solide.

 

Une personne ayant une lacune au niveau de l’estime de soi peut compter excessivement sur des facteurs externes pour l’aider à maintenir une estime de soi acceptable. Par exemple, l’estime de soi est maintenue par la réussite professionnelle ou amoureuse, mais dès qu’il y a un échec, l’estime dégringole.  Pour d’autres, l’estime de soi est maintenue par le fait de plaire aux autres, de leur démontrer qu’il est à la hauteur, ainsi, une critique, une remarque de désapprobation détient le pouvoir de faire basculer l’estime de soi. 

 

Notons qu’une personne ayant une bonne estime de soi a tout de même besoin de réussir et de plaire aux autres mais est capable de tolérer les échecs et les critiques, car son estime n’est pas soutenue uniquement par ces facteurs.  Aussi, face à certaines épreuves de la vie, même une personne ayant une bonne estime de soi peut en prendre un coup et a besoin de prendre le temps de se relever.

 

Ainsi, il est important d’avoir une équilibre entre :

 

a)      Les sources externes qui alimentent l’estime de   soi :

  •   Plaire aux autres, avoir la reconnaissance des   autres
  •   Se sentir compris
  •   Bien réussir

b)      Les sources internes qui alimentent l’estime de   soi :

  •   Être content de nous
  •   Bien se traiter, bien se parler
  •   Respecter nos limites, nos faiblesses, accepter nos échecs

 

En bref, si toute l’estime de soi est basée sur des sources externes, l’estime de soi va être facilement changeante; c’est insécurisant et peut nous amener à avoir des changements d’humeur imprévisibles, et ça donne le sentiment de dépendre des autres.  Ce serait comme remplir un vase percé : épuisant car dès qu’il n’y a plus d’eau qui est versée, le vase redevient vide. De même l’estime de soi sera moins stable et moins solide si elle est basée sur seulement une sphère de la vie (p.ex. l’apparence physique ou la réussite sociale).

 

Dans notre société contemporaine, on accorde énormément d’importance à une des facettes de l’estime de soi qui est le sentiment de compétence c-a-d  de bien performer dans divers domaines telles les études, les sports, la musique.  Nous sommes amenés à nous mesurer et à nous comparer aux autres sous cet angle. Tout comme le succès monétaire, l’avoir de matériel (maison, auto etc.),  être en couple ou avoir des amis.  Il y a aussi l’idée de fond qu’il faut être meilleur que les autres pour être assez bon, pour avoir de la valeur, pour être quelqu’un.  Ainsi, si on prend ces idéaux à l’extrême, pour se sentir correcte, on doit être supérieur aux autres; c’est ainsi dévaloriser l’autre d’une certaine manière.  Tout devient axé sur la performance et l’acquisition de matériel comme trophée et signe de réussite.  Mais qu’arrive-t-il de nos incompétences, de nos défauts, qu’on a tous étant de simples humains? Qu’arrive t-il lorsqu’avec l’âge, ou suite à une maladie, à un accident, nous perdons de nos compétences? Qu’arrive-t-il des personnes qui ont des capacités retreintes? Comment avoir une estime de soi forte et stable si elle est conditionnelle à des éléments qui sont éphémères?

 

Avoir une bonne estime de soi inclut de se percevoir tel que nous sommes avec nos imperfections, nos faiblesses, nos échecs et en s’acceptant sans condition et sans distorsions de supériorité ni d’infériorité.  Cela suppose aussi d’apprécier notre existence pour ce qu’elle est, « être et non pas avoir » avec ses bons et ses mauvais côtés. S’accepter tel que nous sommes entièrement, nous ramène à un calme interne et à une stabilité émotive.  C’est avec cette attitude qu’il est plus facile de passer à travers des projets non réussis du premier coup, des déceptions, des rejets, des critiques, etc.

 

Évidemment, on a besoin de se sentir compétent en quelque chose, et c’est en essayant plusieurs activités et contextes que nous découvrons dans quoi on est bon et ce qu’on aime. Les habiletés humaines sont très diverses : intellectuelles, sportives, artistiques, manuelles, sociales. On n’a pas besoin d’exceller dans un domaine pour se sentir compétent, mais plutôt d’être prêt à acquérir des connaissances et à en faire l’expérience. Par exemple, on peut être moins bons que la plupart des gens en un domaine (ex. : apprendre une nouvelle langue; jouer au badminton) mais aimer cette activité et progresser à notre rythme à travers les années. Reconnaître ses compétences sans se sentir supérieur mais à sa juste valeur aide à maintenir une saine estime de soi. L’estime de soi imbue de soi et grandiose est aussi fragile que celle qui se méprise et ne se voit que des défauts.

 

Aussi dans ce module:

Comment améliorer l'estime de soi (exercice avec des gestes concrets à mettre en application dans la vie quotidienne)?

Les piliers de l'estime de soi.

Apprendre à se connaître (exercice pour développer une saine estime de soi).

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Dre Joelle Sayegh, Psychologue rive-sud à Saint-Bruno en Montérégie

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