Feuillet d’information sur la thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

 

La thérapie cognitive a vu le jour suite à un article paru en 1970 par le psychiatre Aaron Beck. Parce que l'article a suscité énormément d’intérêt, une multitude de publications ont paru depuis, et beaucoup d’études vérifiant l’efficacité de cette approche ont contribué à sa propagation.

 

Selon cette approche, plusieurs facteurs peuvent contribuer au développement d’un trouble de santé mentale, que ce soit de type anxieux ou dépressif.  Principalement, l’interaction entre les éléments biologiques et les apprentissages durant l’enfance façonne nos réactions émotives, nos interprétations et nos comportements.  Puisque ces apprentissages continuent tout au long de notre vie, ils peuvent donc être modifiés.

 

Quatre éléments en particulier s’influencent mutuellement et contribuent à l’état de santé mentale soit :

 

1)      Les situations auxquelles nous faisons face.

2)      Nos pensées : la façon par laquelle nous interprétons les situations.

3)      Nos émotions : ce que nous ressentons dans nos « trippes ».

4)      Nos comportements : ce que nous faisons (fuir, éviter, affronter, chercher à résoudre les problèmes, etc.).

 

Voici trois exemples qui illustrent comment une même situation peut être interprétée différemment et comment cela entraîne des émotions et des comportements différents.

  

Situation : Un collègue me parle sur un ton sec

 

 

Réactions adaptées de Claudette

Réactions non adaptées de Sophie

Réactions non adaptées de Gilles

Pensées

« Mais qu’est-ce qu’il a aujourd’hui? Il ne semble pas dans son assiette ».

« Il est dont ben bête; comment se permet-il de me parler comme ça?! ».

« Il ne m’apprécie plus; qu’est-ce que j’ai fait? Je suis nul et non intéressant ».

Émotions

Ça peut éveiller sa compassion, un peu de déception, sans intensité.

Colère importante (alimentée par les interprétations et vice-versa).

Découragement, sentiment de dévalorisation de soi.

Comportements

Elle va peut être s’informer de ce qui ne va pas ou laisser cela passer.

Selon ses apprentissages passées:

* Répondra agressivement, ou

* Gardera rancune sans rien dire.

 

Selon ses apprentissages passées :

 * Va s’isoler, n’osera plus parler à ce collègue, va l’éviter, ou

* Va surcompenser, être trop fin, l’aider à outrance.

                                               

 

 Les interprétations erronées

 Les interprétations et les pensées qu’on a, se font automatiquement et ne prennent que quelques secondes pour colorer la situation.  Souvent, nous ne nous rendons même pas compte de notre discours intérieur.  Les émotions déclenchées suite à nos interprétations automatiques se font très vite de sorte que les deux : pensées et émotions semblent arriver en même temps.  La thérapie cognitive permet aux participants de détecter les types d’interprétation qui leur est propre et qui contribuent à leurs difficultés émotives.  En effet, les personnes qui sont déprimées ou anxieuses ont tendance à avoir des interprétations et des pensées automatiques qui sont erronées, par exemple soit qu’elles ont tendance à amplifier les situations, à leur accorder trop d’importance, à n’y voir que des aspects négatifs en oubliant les aspects positifs, à anticiper le pire, à se juger à la moindre erreur, à avoir des exigences élevées qui sont difficilement atteignables, à se blâmer de tout etc..  

 

 Au début d’une thérapie, les participants sont rarement conscients de leurs pensées car justement celles-ci sont automatiques, et elles colorent leurs interprétations des situations sans que la personne ne se dise quoi que ce soit.  Au fur et à mesure de la thérapie, la personne s’entraîne et développe une habileté à observer ses pensées.  La deuxième étape est d’apprendre des techniques pour confronter ses pensées et tester leur véracité; ainsi, elles apprennent à considérer les interprétations alternatives qui sont plus réalistes et plus nuancées (moins dans le noir ou blanc).

 

En parallèle, nos interprétations vont guider notre façon de réagir, et nos réactions ont une influence sur la réaction des autres.  Par exemple, dans le cas de Gilles, s’il se met à éviter son collègue, ce dernier peut penser que Gilles est mécontent de lui ou qu’il ne l’aime pas, ainsi le collègue va peut être lui aussi s’éloigner de Gilles; ainsi, l’interprétation de Gilles qu’il ya un problème avec son collègue va devenir vrai.  Alors que si Gilles réagit comme Claudette, il continue à parler normalement à son collègue, ce dernier, s’il n’est effectivement pas mécontent de Gilles, reprendra sa relation habituelle avec Gilles.

 

Nos réactions ont une influence importante sur les réactions des autres; et ces dernières vont valider nos interprétations erronées, et voilà nous sommes pris dans un cycle vicieux.  Un moyen de le briser est de tester des réactions différentes qui vont nous démontrer qu’il existe d’autres façons d’interpréter les situations et d’y réagir qui sont plus saines, et surtout qui nous faciliteraient notre vie!

 

Pour débuter, la thérapie cognitive vous encourage à tenir une grille d’auto-observation qui vous permettra d’observer de près vos pensées, vos émotions et vos réactions.  Il existe plusieurs types de grille, demandez à votre psychologue laquelle vous convient le mieux.  Aussi, il existe des questionnaires, vous permettant de détecter les types de perceptions erronées que vous avez tendance à utiliser.

 

 Les attitudes et les croyances dysfonctionnelles

Il ne faut pas oublier que nos façons de nous percevoir, de percevoir les autres et notre monde sont influencées par nos apprentissages de vie depuis l’enfance à l’âge adulte.  Ces expériences ont façonné nos attentes envers nous, les autres et la vie.  Lorsque nos attentes sont trop sévères, rigides ou excessives, elles nous amènent à des déceptions fréquentes et à une attitude qui peut nous nuire. Par exemple, un enfant qui ne s’est senti aimé que lorsqu’il performait et se surpassait, va développer la croyance qu’il ne sera aimé que s’il excelle dans tout ce qu’il entreprend.  Ainsi, même adulte, dès qu’il fait face à un échec ou à une de ses limites, il sombrera facilement dans le désespoir et l’anxiété, car cela implique que personne ne l’aimera. Il existe plusieurs types de croyances comme celles-ci que l’on développe selon nos expériences durant l’enfance sans nous en rendre compte, et qui continuent de nous influencer à l’âge adulte.  Il existe des questionnaires qui vont aideront à retracer vos attitudes dysfonctionnelles pour ainsi modifier celles qui contribuent à vos humeurs anxio-dépressives.  Parlez-en à votre psychologue.

 

 

© Joêlle Sayegh, Ph.D., psychologue (2008)

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Dre Joelle Sayegh, Psychologue rive-sud à Saint-Bruno
A proximité de Sainte-Julie, Boucherville, Saint-Basile, Brossard, Saint-Lambert, Longueuil, Sainte-Hyacinthe, St-Jean, Montreal