L’anorexie: définition et effets de la malnutrition

Au courant de leur vie, une fille sur 200 et un garçon sur 2000 développeront des symptômes d’anorexie.

 

Les éléments  principaux retrouvés chez les personnes aux prises avec cette problématique sont :

  • Un faible poids (en dessous de 85% du poids attendu pour sa taille et son âge) (la perte de poids et le maintien volontaire du sous poids).
  • Une crainte phobique de prendre du poids et de perdre le contrôle sur le gain de poids.
  • Des distorsions dans la perception de l’image corporelle (ne pas percevoir un amaigrissement important; percevoir de grosses cuisses ou un  ventre gras, alors que la personne est clairement en sous poids)
  • Chez les femmes en âge d’avoir un cycle menstruel : l'absence de menstruations durant 3 mois consécutifs. 
  • Certaines personnes vont aussi vivre des épisodes de perte de contrôle alimentaire (crises de boulimie).
  • Certaines personnes vont aussi avoir des comportements de purge (se faire vomir, utiliser des laxatifs ou diurétiques).

Le maintien du faible poids peut se faire par restriction alimentaire allant d’éliminer certains types d’aliments aux périodes de jeûnes plus intenses.  Certaines personnes vont se lancer dans la pratique excessive d’exercices physiques. L'exercice phusique est parfois utilisé pour compenser d’avoir manger un aliment interdit ou une portion jugée trop importante, et d’autres fois ça devient une routine que la personne s’exige de façon excessive.

 

Les effets de la malnutrition sont multiples et couvrent divers aspects psychologiques et médicaux qui sont résumés ici.                                 

Les personnes soufrant de malnutrition rapportent divers malaises physiques tels :

  • une sensation que le ventre est gonflé et lourd;
  • des problèmes de constipation;
  • les mains et pieds (ou doigts ou orteils) peuvent être gonflés;
  • des problèmes d’infertilité;
  • de la fatigue;
  • des palpitations ou une arythmie cardiaque;
  • des évanouissements;
  • etc.

 

 En fait, la malnutrition affecte dangereusement tous les systèmes du corps :

Problèmes de peau (peau sèche, scalp affaibli entraînant une perte de cheveux ou un amincissement des cheveux; pieds et mains froids);

Débalancement hormonale impliqué dans les problèmes d’infertilité et les troubles de l’humeur fréquemment associés à l’anorexie : tels la dépression, l’anxiété, l’irritabilité, les sautes d’humeur;

Problèmes gastro-intestinaux tels la constipation ou un excès d’acidité qui cause, surtout chez celles qui vomissent, des problèmes d’érosion de l’énamel des dents et la gingivite des gencives; lenteur de l’élimination gastrique qui cause la sensation d’un ventre gonflé et d’une lourdeur après avoir mangé- même une petite quantité de nourriture.

Problèmes cardiaques dont des anomalies du rythme cardiaque, une arythmie pouvant être très dangereuse et malheureusement parfois même fatale.

 

Je ne ferais pas la liste exhaustive des conséquences médicales sur le corps, mais ceci vous donne déjà une idée de l’ampleur du dommage fait au corps par la malnutrition.

 

J’aimerais maintenant porter votre attention sur les effets psycho-biologiques liés à la malnutrition :

Lorsque cela fait quelques heures que nous n’avons pas mangé, nous ressentons déjà une fatigue, un manque de concentration, imaginez-vous ne pas assez nourrir son corps pendant des mois, voire des années!

 

La malnutrition dans l’anorexie, entraîne des difficultés à se concentrer, à penser, à garder un bon jugement. En plus, les personnes développent une obsession pour la nourriture. En fait, le corps a faim et il est normal qu’il concentre ses pensées vers ce dont il a le plus besoin!  De façon paradoxale, un effet de la malnutrition est le débalancement du signal de faim et de satiété.  En fait, la personne ne ressent plus la faim et ne reconnaît plus les sensations de satiété. Elle pense ainsi ne pas avoir faim, alors que son corps est en état de privation et aurait grandement besoin d’un apport nutritif. Aussi, lorsqu’elle mange, elle ne ressentira pas la satiété, donc elle ne pourra pas se fier à ses signaux naturels pour déterminer la quantité de nourriture dont son corps a besoin (ne vous inquiétez pas, en thérapie on apprend à retrouver les signaux de satiété).

 

Puisque les débalancements hormonaux affectent les régions du cerveau responsable de l’humeur, la personne devient sujette à la dépression et à l’anxiété. Vu la fatigue, elle peut devenir facilement irritable. La personne n’a plus non plus la force de gérer ses émotions, donc elle peut devenir très facilement émotive (pleurer facilement, s’énerver rapidement, etc.). Cela a évidemment un impact sur les relations familiales, conjugales, sociales, et  parfois même professionnelles.

 

Puisque le corps est affamé, il devient obsédé par l’alimentation. À l'encontre des besoins de son corps, la personne, se concentre à ne pas les écouter  mais plutôt à contrôler ce qu'elle mange et ce qu'elle dépense comme calorie.  Cette lutte devient une obsession qui finit par prendre le dessus sur toutes les activités de la personne. L’intérêt pour les amis, les loisirs, les études peut en être lourdement affecté. L’estime de soi se base ainsi uniquement sur l’aptitude à contrôler son alimentation et son poids.  Aussi le développement d’autres sources de compétence se voit freiné (loisirs, études, réseau social etc.).

 

Comprendre les crises de boulimie dans l’anorexie et leur impact sur l’estime de soi

Le corps est en famine, il est en état d’urgence; il réduit ainsi l'activité de tous ces systèmes (d’où, diminution du rythme cardiaque, des fonctions digestives, etc.) pour pouvoir survivre à cette famine.  Par moment, lorsqu’il commence à manger, il ne veut plus s'arrêter. La personne a l'impression de perdre le contrôle, d'être dans un état second alors que son corps vide les assiettes.  Évidemment, pour sa survie, lorsque le corps accède à la "rare nourriture", il veut en prendre le plus possible car il ne sait pas quand il aura la possibilité de manger à nouveau!! Par la suite, la personne se sent extrêmement coupable, se perçoit faible et même dégoûtante d’avoir tant mangé.  Cette culpabilité et la baisse importante de son estime de soi, vont l’amener à se restreindre davantage pour reprendre sa dignité, son « faux »  sentiment d’être en contrôle. Et le cycle est reparti de plus belle, le corps s’affame, se nourrit dès que  la fatigue s’installe et que le contrôle est moins vigilent (ceci arrive inévitablement car en ne mangeant pas, la personne perd des forces, dont sa force de contrôler). Tout comme lorsqu'on retient son souffle, à un moment donné le corps nous oblige à inspirer. Il en est ainsi lorsqu'on ne le nourrit pas assez. Il ne s'agit plus d'une question de volonté mais plutôt de survie!

  

© (2112) Joêlle Sayegh, Ph.D.,  Psychologue 

 

À lire aussi un article sur la boulimie.

 

 

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Dre Joelle Sayegh, Psychologue rive-sud  à Saint-Bruno

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