L’estime de soi, source de joie et de désespoir!!

 

De nos jours, on vit beaucoup de pressions à être parfait, avoir le look parfait, le visage parfait, le corps ultimement bien proportionné. On doit en plus se démarquer dans notre travail, toujours avancer, en faire plus, ne jamais faire d’erreurs.  Il faut aussi, pour atteindre notre idéal de la personne « adéquate »- voire parfaite- être en couple et heureux, avoir des enfants- de préférence beaux et intelligents.  Évidemment, nous sommes supposés être le/la  conjoint(e) parfait qui comble toutes les attentes de l’autre, et notre partenaire aussi doit combler tous nos besoins (d’amour, d’affection, sexuel).  Et tout ceci n’est pas assez, il faut en plus avoir un talent, quelque chose de plus que les autres, qui nous démarque, nous rende spécial, et ainsi attirant pour les autres. On doit être sociable, extroverti, savoir quoi dire et comment le dire, avoir un pouvoir de séduction, attirer l’autre autant dans les amours, la sexualité, le travail et les amitiés. En bref, il faut être beau, fin, intelligent, fort de caractère, dévoué aux autres, avoir des qualités supérieures, avoir beaucoup d’énergie et toujours des projets!! Ouf, rien qu’à penser à être tout cela, je suis épuisée et un tantinet  découragée!! 

 

Mais qu’est ce qui nous arrive si on n’est pas beau, si on a un handicap physique, une malformation, si on ne fit pas le standard de beauté actuel ? Si on a de la difficulté dans nos études, si on est lent à comprendre, si on est moyen dans tout ou même en dessous de la moyenne? Les personnes qui ont atteint ces standards sont-ils vraiment plus heureux? Ont-ils une bonne estime d’eux? Est-ce que l’estime de soi c’est se valoriser uniquement si on est parfait, performant?  Peut-on garder une bonne estime de soi face à nos échecs (amoureux, professionnel)?  Peut-on être heureux sans atteindre ces standards de performance et de perfection? Qu’a t-on besoin dans notre psychologie pour être heureux peu importe nos performances?

 

Avoir une faible estime de soi peut prendre divers visages.  On peut carrément s’haïr ou plus subtilement se trouver tous les défauts, se critiquer souvent, sentir qu’on ne mérite rien de bien. On peut remarquer qu’on s’organise pour se mettre dans le pétrin dans nos choix de vie, qu’on refait toujours les mêmes choix qui nous rendent malheureux, qui nous prouvent qu’on n’en vaut pas la peine, qu’on n’est pas assez.  On peut s’aimer ou s’accepter à condition d’avoir tels poids, tel look, ou uniquement si on est en couple, si on contrôle nos émotions, si on est aimé, ou lorsqu’on montre notre supériorité.

 

C’est quoi une vraie bonne estime de soi?

  • Savoir qu’on est quelqu’un de bien en soi, indépendamment de nos performances de nos qualités et de nos défauts.
  • C’est se savoir aimable (c-a-d qu’on peut être aimé par autrui) avec nos bons et nos mauvais côtés.
  • C’est pouvoir se regarder de l’extérieur et de l’intérieur sans dégoût et sans prétention.
  • C’est savoir être doux et réconfortant avec soi-même dans les moments difficiles.
  • C’est reconnaître nos émotions, nos besoins et savoir en prendre soin.
  • C’est se respecter dans notre attitude envers nous-même (par exemple, comment on se parle soi-même;  en ajustant nos projets à notre rythme) et dans les comportements que nous acceptons des autres (par exemple, savoir faire l’équilibre entre nos besoins et les demandes des autres; refuser calmement les demandes qui ne nous conviennent pas et sans culpabilité, ne pas tolérer de demeurer dans des relations violentes).

 

Comment développons-nous une vraie bonne estime de soi?

La façon naturelle de développer une bonne estime de soi se retrouve dans la façon dont nous avons été traité dans notre enfance, dès nos premiers jours de naissance. C’est durant les premières années que notre cerveau rencontre ce monde et se fait une représentation de soi, des autres et du monde.  Selon nos expériences et avec subtilité, nous développons un sens de qui nous sommes, de qui sont les autres et de quoi sont faites les relations avec les autres.

Pour avoir une bonne estime de soi, les besoins affectifs de l’enfant doivent être comblés. Ainsi, le milieu familial doit au départ reconnaître que l’enfant a des besoins et prendre le temps de s’y intéresser.

 Voici les besoins psychologiques et affectifs de base qui soutiennent l’estime de soi comme des piliers :

  • Le besoin de sécurité.
  • Le besoin de se sentir aimé, respecté et compris.
  • Le besoin de recevoir du support et de l’encouragement pour développer son autonomie.
  • Le besoin d’être encouragé à exprimer ses besoins et se émotions.
  • Le besoin d’avoir un bon encadrement.

Évidemment, tous ces critères et exigences n’ont pas besoin d’être atteints à la perfection par nos parents pour qu’on développe une bonne estime de nous, mais on doit tout de même avoir eu des expériences qui dans l’ensemble vont dans ce sens. Donc des parents « assez bon » même si imparfaits.

 

Que faire si on n’a pas eu la chance d’avoir vécu des circonstances de vie durant l’enfance et l’adolescence qui nous a amené à développer une bonne estime de soi avec tous les bénéfices que ça comporte, notamment savoir bien s’occuper de soi?

 

Une première étape est de faire l’exercice de réflexion suivant : Demandez-vous si votre estime de vous est conditionnelle et à quoi? Quand est-ce que vous être fier ou content de vous? Vous arrive t-il d’être en paix avec vous-même, et dans quelles circonstances?

 

Voici quelques exemples de réponses : Je me sens bien avec moi-même, valable…

 …quand je suis en couple, quand quelqu’un m’aime,

…quand je réussis un objectif.

…quand je performe.

…quand je suis occupé, que je n’ai pas le temps de penser ou de me sentir.

…quand je me sens supérieur.

…quand je démontre mes connaissances, mes compétences.

…quand j’ai l’approbation des autres.

…quand je contrôle mon poids, mon alimentation, ma consommation (d’alcool, de drogues).

…quand je suis entouré d’amis; quand je suis entouré de connaissances, dès que je ne suis pas seul.

…quand je contrôle mon environnement.

…quand les choses vont tels que prévus.

 

Une deuxième étape est d’analyser quels besoins ont été comblés durant l’enfance, et lesquels sont comblés dans votre vie aujourd’hui. À partir de cette analyse, on peut débuter un plan pour renforcer certains aspects déjà existants de l’estime de soi ou commencer à bâtir des aspects qui n’ont pas eu l’occasion de se développer.

 Par exemple,

    • Une personne qui a de la difficulté à se réconforter lorsqu’elle est anxieuse ou en colère, pourra apprendre à le faire.
    • Une personne qui ne s’accorde de la valeur que lorsqu’elle performe, pourra apprendre à tolérer le malaise de moins bien performer et à modifier sa croyance profonde « pour être une bonne personne et être aimé, il faut être parfait ».
    • Une personne qui a peur de s’attacher à l’autre mais qui en même temps en a besoin, apprendra à tolérer de dépendre sur l’autre en partie et à tolérer de le perdre d’une autre part.
    • Une personne qui craint les conflits, et donc se soumet aux besoins des autres au dépend de ses propres besoins, apprendra à tolérer les tensions dans les relations interpersonnelles et à apprendre à s’affirmer adéquatement.

 

 Autres articles et exercices appliqués pour améliorer votre estime:

C'est quoi une bonne estime de soi?

Comment améliorer mon estime de moi? (exercices concrets à appliquer au quotidien)

Les piliers de l'estime de soi?

Apprendre à me connaître (exercice pour développer une saine estime de soi).

 

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© Joêlle Sayegh, Ph.D., psychologue (2011)

Dre Joelle Sayegh, Psychologue rive-sud à Saint-Bruno

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